Cette semaine, la mobilité électrique confirme qu’elle quitte progressivement le stade de la promesse pour entrer dans celui des preuves concrètes. Sécurité, performances des batteries, politiques publiques, logistique urbaine, infrastructures de recharge, égalité d’accès : les signaux se multiplient et dessinent un secteur en pleine structuration, à la fois dynamique et encore traversé de tensions.

Les vélos à assistance électrique (VAE) illustrent bien cette évolution. Bosch renforce la sécurité des vélos électriques avec une nouvelle fonction de l’application eBike Flow permettant de déclarer un vélo comme volé. L’information est diffusée dans tout l’écosystème Bosch, ce qui bloque l’accès aux services connectés et alerte revendeurs, acheteurs de vélos d’occasion et forces de l’ordre grâce aux numéros de série. Un vélo signalé perd ainsi une grande partie de sa valeur sur le marché parallèle, ce qui constitue un levier dissuasif contre le vol. Mais en parallèle, une étude révèle que six femmes sur dix renoncent à utiliser le vélo à cause de comportements sexistes. La sécurité dans la mobilité ne dépend donc pas uniquement des technologies, mais aussi des usages, de l’espace public et des mentalités.

Du côté de la voiture électrique, les indicateurs sont plus favorables, notamment grâce aux politiques publiques. En Allemagne, le gouvernement propose jusqu’à 6 000 euros d’aides à l’achat pour les ménages modestes et intermédiaires afin de soutenir la transition vers les véhicules électriques et de relancer la demande. En France, 2025 s’annonce comme une année record pour la mobilité électrique : les voitures 100 % électriques franchissent un cap sur le marché, la part de l’électrique dans les flottes d’entreprises progresse fortement et le leasing social permet à davantage de particuliers d’accéder à un véhicule électrique malgré les tensions budgétaires.

Longtemps perçue comme le point faible des véhicules électriques, la batterie bénéficie aujourd’hui d’un retour d’expérience rassurant. Une étude portant sur plusieurs dizaines de milliers de voitures électriques montre que la dégradation moyenne n’est que de 2,3 % par an. Cela laisse espérer environ 80 % de capacité restante après dix ans d’usage, ce qui améliore la confiance des consommateurs et soutient le marché de l’occasion. Les interrogations se déplacent désormais vers les bonnes pratiques de recharge, notamment l’usage de la recharge rapide, plutôt que vers la crainte de voir la batterie se détériorer trop vite.

La transition de la mobilité se joue aussi concrètement sur le terrain. À Pau, les vélos cargos transforment progressivement la logistique urbaine en centre-ville en remplaçant une partie des véhicules utilitaires pour les livraisons du dernier kilomètre. Dans les zones rurales, des expérimentations de transport public sur rails visent à désenclaver les communes, plus légères que le train, mais plus structurantes que le car. Dans le secteur de la santé, des drones sont testés pour le transport de matériel médical, avec pour objectif de réduire les délais, les coûts et l’empreinte carbone.

La question des infrastructures de recharge reste centrale dans le développement de la voiture électrique. En France, certains réseaux de bornes de recharge affichent désormais des taux de disponibilité élevés, même si des disparités territoriales persistent. Parallèlement, des acteurs économiques régionaux appellent à une « mobilisation générale » pour les mobilités : développement des transports collectifs, réduction de la dépendance à la voiture individuelle et soutien aux alternatives comme le vélo électrique.

Au final, cette semaine montre que la transition vers une mobilité plus durable ne repose plus seulement sur l’accumulation d’innovations technologiques. Le système anti-vol Bosch pour VAE, les aides à l’achat de voitures électriques en Allemagne, la progression du marché français en 2025, les vélos cargos pour la logistique, les drones médicaux, les projets de transport rural et l’amélioration des réseaux de recharge composent un paysage en recomposition permanente.

La mobilité se construit désormais par ajustements successifs, arbitrages budgétaires et retours d’expérience, avec une exigence croissante : faire en sorte que chaque solution soit non seulement plus propre, mais aussi plus sûre, plus inclusive et réellement utile au quotidien.